Alex part au bureau, maussade. Il prend un café à la cafétéria en arrivant et échange quelques mots... avec les mêmes, sur des sujets récurrents.
Alex croise Marie qui lui dit quelque chose concernant la réunion de service de cet après-midi. Perdu dans ses pensées, il ne l'écoute pas et hoche la tête machinalement. Ce n'est qu'au détour du couloir qu'il se demande ce qu'elle a bien pu dire avec cette expression si affirmative.
En rentrant dans son bureau, il se précipite sur ses mails, avidement.
Après avoir trié la mer de spams habituels, il répond (trop) rapidement aux mails urgents du moins selon les expéditeurs des messages.
Il a enfin obtenu une réponse à deux demandes d'informations et à un devis... "A consulter tout-à-l'heure, quand je serai tranquille", se dit-il. Avant tout, il faut qu'il téléphone au chef de projet qui le tance de livrer sa part de travail depuis une semaine, afin d'obtenir un petit délai supplémentaire. Il y a cette synthèse à faire des travaux en cours et ce n'est pas facile. Il va s'y mettre dès aujourd'hui, d'ailleurs il a trouvé comment faire pour satisfaire Laurent, le chef de projet, tout en se ménageant...
Soudain Bertrand, son chef, débarque, il lui confie une tâche urgente et "stratégique" pour la réunion de cet après-midi et sur un ton mi-figue/mi-raisin, déclare : "A ne pas louper, mon petit Alex !"
De maussade, Alex devient morose...
Ce scénario, vous l'avez peut-être vécu, partiellement, totalement ou bien pire, concentré ou non sur une même journée, possiblement différent mais tout aussi pesant, en l'affrontant avec ou sans un "mental d'acier".
Dans ce cas interrogez-vous : Jugez-vous vous nécessaire de vous remettre en question ? Si oui, comment ? Sinon, pourquoi ?
Nous sommes tous à un moment ou à un autre "une matière à conditionnement".
Jusqu'où acceptons-nous d'aller dans notre soumission d'abord à nous-même, ensuite aux autres ?
Il faut tenter d'y répondre afin ne pas se mettre dans une situation impossible de type "double bind" * (double contrainte) du type je fais semblant d'assumer ce que je ne peux pas fuir en fuyant ce que je ne ne peux pas assumer.
Sylvie Sassi
* Lire à ce sujet Paul Watzlawick
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