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Mars 2009
Eloge de la fuite et pensée créatrice
Nous vivons dans un monde où il devient courant d'évoquer la complexité, l'interdépendance des systèmes sociaux, biologique, écologique etc.
Mais sommes-nous pour autant conscients de notre propre complexité ?

L'actualité ces temps-ci met l'accent sur les logiques d'affrontement (conflits sociaux, revendications...) et souligne parfois les effets dévastateurs du stress et de l'isolement, notamment dans l'exercice quotidien du travail.
Dans ce monde où il est bon de ne pas fuir ses responsabilités, de préférer l'inhibition ou l'agression à un retrait affirmé qui serait parfois plus clair et plus sain, la fuite a-t-elle un sens ?

Si la fuite des idées et des cerveaux ou même la fuite des capitaux n'ont pas toujours bonne presse, il existe peut-être des fuites salutaires dont Henri Laborit dans son temps a fait l'écho.
A ce propos, citons Joël de Rosnay qui en parle ainsi dans un article intitulé "Laborit : de la cybernétique à la systémique", paru en 1995:
"La fuite serait-elle une solution adaptative aux agressions ? Dans Eloge de la fuite* Henri Laborit nous montre comment chacun d'entre nous peut rééquilibrer sa vie à partir d'activités simples et motivantes. [...] La fuite n'est pas dans ce cas abandon, démission, mais potentialisation de ses capacités, recentrage de ses objectifs [...] Prendre le recul nécessaire pour mieux affronter les obstacles et adopter une vision globale qui renforce et justifie l'action."
Voilà un éclairage particulier sur une fuite à effets positifs... qui s'oppose à la fuite en avant !

Une des applications de cette vertu positive de la fuite est la suivante : toute situation formative devrait pouvoir laisser la place au recul générant cette libération de l'autonomie et de la pensée créatrice qui conduit à l'action. Mais ceci n'est possible qu'en échappant à des schémas et à des comportements automatiques qui nous contraignent...

* Henri Laborit - Eloge de la fuite - Poche 1985