Ce mois-ci un livre d'Alain Delongeville et Michel Huber, sort aux Editions Chronique sociale :
"Se former par des situations-problèmes" en s'appuyant sur des "déstabilisations constructives".
Ce sujet est la préoccupation principale de notre équipe depuis plus 25 ans; en effet la théorie de l'apprentissage de l'adulte sur laquelle nous nous appuyons repose sur le postulat que "l'apprentissage de l'adulte est singulier, trés différencié d'une personne à l'autre".
Nous appliquons cela aussi bien en formation qu'en évaluation; EQUAP, notre outil d'évaluation en ligne propose des situations-problèmes dans lesquelles les personnes évaluées se projettent, ce qui leur permet à la fois de s'évaluer et d'apprendre comment elles apprennent.
En raccourci, j'apprends mieux et plus vite si je connais et j'accepte mes points forts et mes lacunes.
Cette démarche est plus constructiviste (systémique) que constructive au sens où identifier comment on apprend accélère l'apprentissage; ce qui permet à l'adulte d'oser regarder ses points à développer en s'appuyant sur ses points forts; apprendre pous l'adulte c'est d'abord s'évaluer "justement" afin de mieux construire son apprentissage singulier (propre à la personne).
C'est dans ce sens là qu'on peut construire des parcours de formation prenant en compte la personne qui, se projettant dans des situations où elle a un rôle, s'y confronte, active ses capacités et dépasse ses blocages, en apprenant autant de la situation et des ses pairs que du formateur.
Ces pratiques favorisent une relation plus équilibrée entre le formateur et les formés, l'évaluateur et l'évalué MAIS nécessitent souvent une remise en cause douloureuse pour le formateur.
Pourquoi ? Parce que le formateur-animateur "showman" fascinant ou modélisant doit descendre de son piédestal pour n'être qu'une personne-ressource, un catalyseur des potentiels à apprendre.
On parle ici du formateur, mais on pourrait pousser la comparaison avec le manager d'une équipe ou d'un service... Si anticiper, gérer et organiser exigent de la hauteur de vues, construire au jour le jour une coopération dans et avec l'équipe implique d'abord de ne pas prendre forcément une position de leader et de "jouer" l'autorité de compétence, dont chacun dans l'équipe est détenteur (à moins que le recrutement n'ait pas été bon).
De toute façon, le formateur et le manager n'ont pas le choix, s'ils ne veulent pas finir épuisés dans une vaine course au savoir ou au pouvoir, car les experts, vrais ou faux, sont légion!
Là aussi une évaluation juste de ses compétences et de ses limites, qui d'ailleurs peuvent bouger, est un atout.
Daniel Brutinot et Sylvie Sassi
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