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Mai 2004
réforme de la formation professionnelle
"Plus ça change... moins ça change!"
La singularité française en matière de formation professionnelle consiste en une institutionalisation extrême et une administration bureaucratique, ce qui ne favorise guère l'innovation.
Lors des journées d'études organisées par le journal "les Echos" le mois dernier, les administratifs de la FP (OPQF, AGEFOS-PME...) n'ont cessé de souligner les changements qui allaient intervenir dans la FP avec la réforme: individualisation, VAE, ingénierie... toutes choses qui, d'aprés eux, sont censées bouleverser le petit monde somnolent de la formation.

La méthode Coué a de beaux jours devant elle!

Individualisation: la réforme le prévoit...mais les financements restant largement contrôlés par les entreprises (ce qui paraît normal), elles seules favoriseront ou non l'individualisation, pas la loi.

VAE: tant que les organisations diplômantes ne se décentreront pas du diplôme pour se rapprocher des compétences professionnelles, la loi ne changera rien (voir à ce sujet l'actualité ephi d'avril).

Ingénierie: depuis la loi de 1971, quelques organismes ont eu des démarches d'ingénierie de formation quand des dizaines de milliers d'organismes ne comprenaient même pas le sens du mot; la loi ne changera rien.

C'est le marché de la formation professionnelle qui seul peut, par ses exigences, favoriser le changement... pas la loi; le marché de la demande bien sûr!, varié, composé d'individus et d'entreprises exprimant des besoins de consommateurs prêts à acheter un service attendu et non un marché organisé par des administratifs de la demande s'entendant plutôt bien avec les administratifs de l'offre.

C'est la maturité des marchés (offre et demande) qui permettra une réforme de la FP, cela passera par la désinstitutionnalisation de la formation en France; mais les résistances sont fortes, à la hauteur de la survie des dizaines de milliers d'emplois institutionnels de la formation, dont la majorité n'a que peu à voir avec le métier de formateur.

Les marchés y sont-ils plus prêts que les acteurs?